Je suis arrivée au terme de deux années remplies de stress mais aussi de beaucoup de doute.
De stress pour le processus qu’est une procédure judiciaire et les procès qui en découlent. Etre entrainée malgré soi, dans un tourment où des personnes prennent position pour ou contre vous, devoir faire le tri entre « ceux qui vous veulent du bien et les autres ». Exercice difficile lorsque beaucoup se cachent sous des pseudos ou des noms d’emprunt.
De stress encore de voir les sommes à mettre en jeu pour cette procédure. Je ne veux pas continuer à vous demander de m’aider financièrement mais j’accepte volontiers votre soutien pour ce site et les actions que je mets en place.
De doute surtout, d'avoir si peu entendu les femmes et les associations de femmes pendant ces deux années avec ce questionnement - pourquoi ne m'ont-elles pas soutenue ? J'ai tout lu, surtout lorsque l'on m'opposait le mot LIBERTE pour pouvoir me « taper sur la tête ».
Quelle liberté ? Où est la mienne ? Puis-je demander aujourd'hui à une femme dans la rue d'ôter son voile ? Elle va me répondre que c'est son choix et sa liberté, elle le gardera. Pourtant dans la rue les articles pour lesquels j'ai été condamnée n'entrent pas en ligne de compte, je ne refuserais pas un bien ou un service. Je fais acte d'un sentiment personnel qui est arrivé après un long cheminement sur mes questionnements sur les religions et de droit des femmes.
Je ne me sens plus libre dans mon pays, celui des droits de l'homme et des citoyens.
Je ne crois plus en la justice de ce pays.
Ce sont les raisons pour lesquelles je n’irai pas en cassation.
Fanny