A voix haute

Ce que je pense et à voix haute !

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Archive for juin, 2015

La forteresse noire

La forteresse noirePendant la Seconde Guerre mondiale, un détachement de la Wehrmacht arrive, dans un défilé montagneux de Roumanie, aux pieds d’une sinistre forteresse-prison à l’étrange architecture : des centaines de croix d’argent sont scellées dans les murs. En tentant de les détacher, plusieurs soldats sont brûlés par une force mystérieuse. Le commandant met ces événements sur le compte de la Résistance des villageois, si bien qu’un capitaine SS est envoyé sur place, dans le but d’exercer une répression impitoyable. Pour résoudre l’énigme de la forteresse, il fait venir un vieux professeur interné dans un camp de concentration. Nous comprendrons bientôt qu’une présence terrifiante habite l’antique édifice, lequel n’a été construit que pour retenir prisonnier ce monstre diabolique… Il y avait longtemps qu’on n’avait pas vu un film fantastique de ce style. Dans un décor remarquable, suintant la terreur, c’est l’intéressante confrontation de la peste nazie et du Mal absolu symbolisé par une entité terrifiante… Comme souvent, la fin est un peu décevante par rapport au mystère du début : le monstre, dessiné par Bilai, est très esthétique, mais pas vraiment convaincant et le duel final est un peu puéril. Parmi les qualités du film, notons cependant la magnifique et envoûtante musique de Tangerine Dream.

Le dernier testament

La fin du monde comme si vous y étiez… Après le spectaculaire «Le jour d’après», lourde machine démonstrative qui décrit une région américaine après une explosion nucléaire,Le dernier testament «Le dernier testament» est un tableau plus intimiste, et en cela plus proche de nous. C’est la vie d’une famille dans une petite ville californienne, une vie quotidienne qui suit son cours : petites joies, petites peines… Le père (William Devane) va travailler à San Francisco, et l’après-midi les enfants sont rassemblés autour du poste de TV tandis que la mère vaque à ses occupations. Soudain, le programme s’arrête, un signal rouge clignote sur le petit écran : alerte atomique ! C’est comme un coup de tonnerre dans un ciel bleu. Après l’éclair aveuglant, rien n’a changé semble-t-il. Puis, petit à petit, on s’aperçoit que la petite ville est coupée du monde. La catastrophe s’est produite. Dès lors, c’est le cauchemar qui s’installe inexorablement : les terrifiantes conséquences des radiations vont apparaître l’une après l’autre, la maladie et la mort s’installent. On baigne dans l’angoisse, avec des scènes bouleversantes d’émotion. L’ensemble est remarquable.

Killing cars (Les voitures qui ont mangé Paris)

Killing carsPeter Weir, jeune cinéaste australien, est maintenant mondialement connu grâce au succès de «L’année de tous les dangers», et à la récente présentation au Festival de Cannes 1985 de «Witness», avec Harrison Ford. Ceci ne doit pas nous faire oublier qu’il a débuté en signant de jolis films fantastiques comme «Picnic at Hanging rock», «The last wave», et ces «Voitures qui ont mangé Paris», aujourd’hui rebaptisé «Killing cars». Le Paris en question n’est pas le nôtre, il ne se trouve pas non plus au Texas, mais au fin fond du désert australien. C’est un village qui vit complètement à l’écart du progrès et de la civilisation. La circulation automobile n’y est pas intensive, cependant il y a de fréquents accidents à la périphérie de la localité. C’est ainsi qu’Arthur, un voyageur sorti sain et sauf d’une collision, échoue à Paris où on lui offre un poste d’infirmier à l’hôpital. En fait, il est prisonnier du village. Et il se rend compte de l’étrange comportement de ses habitants, qui provoquent ces accidents comme les naufrageurs d’un autre siècle, pillant les épaves et s’emparant même du corps des victimes pour servir à de curieuses expériences de réanimation… Tout cela finira comme on pouvait s’y attendre : mal, très mal. Une explosion de folie et de violence qui annonçait, déjà, «Mad Max». Un conseil : accro-chez-vous à vos fauteuils.

Viva la vie

Viva la vieLelouch truque… Mais c’est, par moment, un truqueur de génie ! Côté technique, il n’y a rien à dire. Il y a du lyrisme dans l’image, de la voltige dans le mouvement de caméra, de la fête dans sa direction d’acteurs. Mais, côté scénario, on peut se montrer plus sceptique. Avec «Viva la vie», son vingt-sixième film, Claude Lelouch s’est offert le luxe (et ça a superbement marché) de faire entrer les gens dans les salles sans leur donner la moindre information sur ce qu’ils allaient voir. Seulement un titre énigmatique : «Viva la vie» sans point d’exclamation. Seulement une distribution solide (avec, pour certains, le côté pensionnaire permanent des Films 13) Rampling, Piccoli, Trintignant… et Evelyne Bouix, Charles Aznavour, Laurent Malet, Tanya Lopert, Raymond Pellegrin, Charles Gérard, sans oublier la participation d’Anouk Aimée. Seulement, pour affiche, une photo d’un groupe de gens, dans la nuit bleutée, le regard fixé vers le ciel, attendant quelque chose (peut-être une «Rencontre du troisième type» !). Alors ? Après un an d’exploitation du film en salles, après les articles rendant compte du film, après le bouche à oreille… faut-il encore garder la même stratégie que Lelouch et ne pas dévoiler le contenu du film à ceux qui vont le découvrir pour la première fois en cassette ? Disons tout de même qu’il s’agit de terriens et d’extra-terrestres… De terriens qui disparaissent et reviennent en disant avoir été enlevés par des extra-terrestres… qui voulaient faire d’eux les messagers d’une mise en garde pacifiste. L’originalité du film de Lelouch est dans son talent de conteur, son art de créer une atmosphère (avec la nuit, une route déserte et une voiture abandonnée par exemple) et sa façon de ne pas reculer devant les morceaux de bravoure les plus racoleurs (la leçon de prononciation/chant, par exemple). Lelouch c’est l’auberge espagnol… avant que le film ne commence, on sait déjà si on aime ou pas !