A voix haute

Ce que je pense et à voix haute !

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Archive for avril, 2015

Au péril de sa vie

L’érotisme colonial des années soixante, ça tombe sous le sens et les sens, et «Au péril de sa vie» n’y échappe pas. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Rachel Cade (Angle Dickinson), une infirmière très BC-BG, est envoyée au Congo. Elle est séduite par Henry Lecomte – Peter Finch – le commandant en chef de la garnison, un homme vertueux, religieux, un peu coincé. De ceux qui épousent ou rien. La belle Rachel n’ayant pas réussi à écarter le sir Henry de son droit chemin planté de vertu, se console en soignant les indigènes malgré leur hostilité. Une hostilité qui se muera en vénération lorsqu’elle sauvera un enfant de la mort. Un jour, un avion s’écrase à proximité du village. Seul survivant : James Bond ! Pardon, Paul Wilton (Roger Moore). Moins vertueux que Henry, il fait craquer Rachel qui a, bien sûr, passé des heures à son chevet pour le soigner. Une fois guéri, il repart, sans savoir qu’elle attend un enfant de lui… Tourné dans la jungle du Congo, ce film très moraliste et colonial est une perle du genre. La chaleur, les boys, les ventilateurs, les papy-broussards, les bêtes sauvages, les caricatures d’indigènes….tout y est. On croit rêver. Du somptueux mélo dirigé par une rousse Angie Dickinson de brousse à vous faire tourner la tête. A regarder dans un hamac avec les radiateurs poussés aux maximums !

Kaos, contes siciliensKaos, contes siciliens

Quatre récits adaptés librement de Luigi Pirandello. Tourné par la magie des frères Taviani dans les décors naturels, splendides de la Sicile profonde. «L’autre fils» ou une mère œdipienne qui règle des comptes diaboliques avec ses fils. «Mal de lune» ou comment Bata, un paysan jeune marié devient possédé par les nuits de pleine lune. «Requiem» ou le combat d’une communauté de bergers qui veut avoir son cimetière dans la montagne parce que le père va mourir. Et enfin « Conversation avec la mère » qui met en scène Pirandello lui-même, de retour dans sa maison natale de Sicile et qui dialogue en rêve avec sa mère morte. «Kaos», c’est le chaos, le vide, l’informe dans la mythologie grecque. Le premier dieu, la substance d’où va naître le monde avant que toute chose existe. Ces contes siciliens et païens mêlent à la fois des références fantastiques, mythologiques. Ils jonglent avec l’imaginaire et la folie. La folie, un mot clé pour «Kaos». Un requiem pour la folie… ou la poésie.

Le succès a tout prix

Le succès a tout prixLa petite histoire d’un metteur en scène de théâtre polonais Aleksander Rodak (Michael York) aux prises avec son fils Adam (Michael Lyndon). Adam vit aussi mal, mais de manière différente leur exil en Angleterre. Alex a d’énormes difficultés à monter son spectacle, consacré à la Pologne. Adam joue les punks par provocation. Alex réussira finalement à monter son spectacle. Clic clac merci Rodak. On a compris comment un créateur immigré peut réagir face à l’indifférence générale de l’Occident, on a compris aussi que l’on s’ennuyait ferme à l’Est et c’est même un peu trop facile. Cela dit, cette histoire de metteur en scène exilé à Londres et pris entre les problèmes de famille et de création est très proche de Skolimowski et de ses fils. Un film règlement de comptes.

L’amour à mort

Elizabeth et Simon s’aiment très fort. Un soir, Simon s’effondre. Le médecin arrive et ne peut que constater la mort. Pourtant, quelques instants après le départ du médecin, Simon revient à la vie. A partir de là, chaque instant vécu par Simon avec Elizabeth prend une valeur qui n’est compréhensible que pour ceux qui reviennent ou qui sont déjà revenus de très loin… Ils vivent surtout avec le sentiment que tout peut basculer d’une seconde à l’autre. Tout bascule. Simon meurt vraiment. Aidée par un couple de pasteurs protestants, Jérôme et Judith, Elizabeth va chercher les moyens et les raisons de survivre à Simon…L'amour à mort «L’amour à mort» est un très grand film d’amour. Les dialogues, les plans, les ambiances, les vides, toute l’atmosphère du film est baignée de !a lumière et du génie de Resnais. Dans cette trame idéale, l’interprétation des personnages de Simon et Elizabeth est désastreuse. Voulu ou pas, ces personnages, pourtant interprétés par des talents sûrs (Pierre Arditi-Sabine Azema) sont horripilants, agaçants et mauvais joueurs ! Les cris de souris d’Elizabeth effondrée par la mort de Simon feraient plutôt rire tant ils frisent le ridicule. Et ce n’est certainement pas le propos de Resnais qui joue de l’humour à doses infinitésimales…