A voix haute

Ce que je pense et à voix haute !

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Archive for mars, 2015

Signé Charlotte

Signé CharlotteDeux femmes pour un homme. Mathieu après avoir eu une vie mouvementée s’est équilibré et installé dans la vie avec une douce jeune femme. Surgit alors du passé une Charlotte un peu chanteuse, un peu punk et beaucoup fofolle. C’est une ex de Mathieu. Avec elle, il a vécu l’amour passion, la déchirure. Ladite Charlotte débarque avec son sac à dos de problèmes, ses caprices de femme-enfant, ses fantasmes et surtout avec un meurtre sur le dos. Le film tourne alors à la comédie policière. Charlotte entraînera Mathieu dans sa cavale jusqu’à la frontière espagnole. Mythomane, fol-dingue et en même temps sympathique et passionnée, Charlotte tient dans ses mains le destin de Mathieu. Un premier film de «sisters» qui fonctionne bien. Le tandem Caroline/Isabelle Huppert tourne bien. On découvre même une autre Isabelle Huppert avec un registre comico-triste qu’on ne lui connaissait pas. Un film sensible et plein d’imagination.

Love lettersLove letters

On parle de Coppola, Bogdanovich ou Scorsese comme les poulains du maître de la série B, Roger Corman… Tous ont commencé en faisant un petit film d’épouvante, de science-fiction ou un thriller. Et, aujourd’hui, ils sont parmi les cinéastes les plus marquants de la nouvelle génération américaine. La «poulinière» Corman semble bien avoir engendré un vrai cinéaste. Pardon… «une» cinéaste ! Amy Jones. Corman l’a d’abord engagée comme chef monteuse puis, en 1981, lui a confié la réalisation de «The slumber party massacre». On était en pleine vogue « Halloween » et autres «Massacres à la tronçonneuse». La douce Amy a donc imaginé trois nanas venues, chez l’une d’elles, pour une party «sac de couchage» et traquées par un tueur fou à la perforeuse rôdant autour de la maison. Inutile de dire que, féminisme oblige, les dames avaient le dessus. Mais, tout dégoulinant de sang et de clichés, ce dernier film (inédit en France, même en vidéo) avait déjà de nombreuses qualités. La réussite de «Love letters» n’est donc qu’une demi-surprise. Amy Jones s’offre un portrait de femme attachant, mais sans complaisance. Anna est étudiante et disc-jockey «classique». Un soir, elle rencontre un photographe plein de charme, mais marié. Elle décide donc de l’éliminer de sa vie sentimentale. Mais, à la mort de sa mère, Anna découvre dans ses affaires une série de belles lettres d’amour que la défunte échangeait en secret avec un autre homme. Ce bonheur idyllique, mais frustrant la décide à tenter l’aventure avec le photographe marié. Mais la réalité est loin de ce qu’elle rêvait. Anna, c’est Jamie Lee Curtis (une habituée des films de tueurs fous). La comédienne et sa réalisatrice peuvent enfin montrer qu’elles sont capables de mieux que les sanglants thrillers. «Love letters» est une chronique dramatique qui séduit comme une petite musique douce amère.

La tête dans le sac

La tête dans le sacLauzier adapte une de ses bandes dessinées. Il l’avait déjà fait avec «P’tit con». Et, comme le plus souvent dans l’œuvre de Gérard Lauzier, quelqu’un en prend plein son matricule… La publicité du film, à sa sortie en salles, disait : «Paris c’est la jungle !». La cible sera donc le petit milieu, friqué et nocturne, parisien. Très fidèle à sa BD, Lauzier raconte les mésaventures professionnelles et amoureuses de Romain, le patron d’une grande agence de pub qui a tout pour être heureux : Jaguar, valet stylé, bel appartement et maîtresse de charme habillée par Chanel… Mais il a aussi quelques années de plus que ce jeune mec fougueux et sans complexe, qui débarque un jour dans ses pattes et va petit à petit le pousser vers la sortie. Romain, avec ses (disons) cinquante berges, devait ressembler trait pour trait à ce jeune crocodile quand il avait vingt ans. Parallèlement, Romain va aussi s’apercevoir que, côté cœur – comme côté portefeuille, il a aussi quelques années de trop. Devant Eva, fragile jeunesse rencontrée dans une soirée mondaine, il va craquer comme un fou. Lui qui a toujours défendu son territoire à coups de dents et de griffes, il va se laisser envahir et parasiter à mort ! En fait, une nouvelle fois, sous couvert de comédie de mœurs, Lauzier nous raconte une horrible tragédie. Mais, comme ses héros n’ont vraiment rien pour attirer la sympathie, on s’en fout et on rit de bon cœur.

L'homme à femmesL’homme à femmes

Avec «L’homme qui aimait les femmes», François Truffaut avait tourné un de ses films les plus personnels, mettant beaucoup de lui-même dans le personnage de Charles Denner, grand amoureux des femmes et de l’écriture, et aussi fétichiste des jambes… Le remake tourné par Blake Edwards sous le titre «The man who loved women» est à l’image de son titre français «L’homme à femmes» : réducteur et tirant sur la vulgarité… Il y a entre les deux films toute la distance qui sépare la finesse et la sensibilité écorchée de Charles Denner à cette espèce de fatuité qui fait partie de l’image de marque de Burt Reynolds… Blake Edwards a, par ailleurs, réussi à introduire son épouse Julie Andrews en lui inventant un personnage de psychothérapeute-confidente de ce héros-don-Juan auprès de qui les belles se succèdent, prétexte à un agréable défilé d’actrices décoratives. L’esprit boulevardier règne chez Blake Edwards, on est loin de Truffaut. Pourtant, si on n’a jamais vu le véritable «Homme qui aimait les femmes», on peut prendre un certain plaisir à cet hommage maladroit transformé en divertissement hollywoodien…