A voix haute

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Archive for janvier, 2015

Les nuits de la pleine lune

Les nuits de la pleine luneLa disparition de Pascale Ogier, le 24 octobre 1984, donne un prix nouveau à ce film d’Eric Rohmer, qui fut son avant-dernier puisqu’il précéda I’«Ave Maria» de Jacques Richard. Le rôle de Louise avait valu à la jeune comédienne le prix de la meilleure actrice au Festival de Venise 1984, et cette consécration aurait dû donner le départ d’une passionnante carrière… L’héroïne de Rohmer est une jeune fille des années 80. Si elle aime Rémy (Tcheky Karyo), elle aime aussi sortir le soir, se coucher tard, ce qui pose des problèmes de couple car cet architecte débutant habite à Marne-la-Vallée… Louise se décide finalement à aménager un studio qu’elle possède à Paris, afin de préserver son indépendance. Rémy le prend plutôt mal. Octave, vieil ami de Louise et infatigable bavard, l’encourage au contraire à vivre sa vie, espérant secrètement qu’elle rompra avec Rémy. Comment affirmer sa personnalité et conquérir sa liberté en préservant ses sentiments ? Telle est la quadrature du cercle rohmérien en cette carte du tendre 1984. Le cinéaste l’expose avec simplicité, des dialogues qui sonnent juste et actuel, et la fraîcheur intacte de ses interprètes.

L'homme à la BuickL’homme à la Buick

M. Favrot vient d’acheter à Honfleur une coquette villa où il compte prendre une retraite bien méritée. La bonne société de l’endroit accueille sans rechigner cet aimable bourgeois, vite réputé pour son exquise courtoisie. Une jolie veuve, Madame de Layrac, le prend même sous sa protection. Tous ces gens ignorent bien entendu que sous l’identité de M. Favrot se dissimule le fameux contrebandier Monsieur Jo, qui passe son temps à emmener des enfants en vacances en Suisse dans sa somptueuse Buick – en profitant pour passer à la douane des cargaisons moins recommandables… Quant à Jo lui-même, il est encore plus loin de se douter que Madame de Layrac n’est autre que Michèle Monnetier, elle aussi recherchée par la police… Une comédie policière parfaitement anodine, avec des dialogues d’Henri Jeanson, le tout taillé sur mesure pour Fernandel (Jo/Favrot) et Danielle Darrieux. A réserver donc aux inconditionnels de ces deux acteurs qui firent les beaux jours d’un certain cinéma français, lequel a pris aujourd’hui un cachet quelque peu rétro.

La fille en rouge

La fille en rougeRemake d’«Un éléphant, ça trompe énormément». Le sujet, vous le connaissez la vie de quatre copains inséparables, leurs aventures sentimentalo-burlesques et surtout le quiproquo dont est victime l’un d’entre eux avec… la fille en rouge alias Charlotte. Teddy — irrésistible Gene Wilder—mène une vie tranquille avec sa femme et ses enfants. Jusqu’au jour où dans un parking, il croise une créature de rêve qui révolutionne sa vie. Du vaudeville bien français qui marchait très fort avec les joyeux compères Rochefort, Brasseur, Lanoux, Marchand et qui fonctionne aussi bien avec Wilder, Grodin, Bologna et Huddleston. Une bonne interprétation et un bon ressort comique. Quatre nigauds rigolos qu’ils soient français ou américains restent quatre nigauds. A quand «Un éléphant ça trompe la fille en rouge» où l’on verrait les huit compères réunis ?

Le jumeau

Au départ, il y a un roman de la fameuse Série Noire, assez cruel et sanglant, signé Donald Westlake… A l’arrivée il y a une comédie dans la grande tradition d’Yves Robert («Le grand blond avec une chaussure noire» ou «Un éléphant, ça trompe énormément»). Pierre Richard retrouve une nouvelle fois son compère-réalisateur, après «Alexandre le bienheureux», «Le grand blond…» et «Le retour du grand blond». Dans les deux «grand blond», Robert et Richard ont créé un personnage de doux rêveur maladroit entraîné dans des situations qui le dépassent, mais dont il se sort vainqueur. Dans les deux films, l’enchaînement rythmé des situations se renouvelait sans cesse, parce que l’intrigue était basée sur le rebondissement ! Mais, ici, Yves Robert semble victime de son histoire trop bien structurée, avec début, milieu et fin ! Et le style Robert/Richard qui n’a pas changé (pourquoi l’aurait-il, compte tenu du fabuleux succès des précédents ?) s’essouffle un peu.Le jumeau Pierre Richard tombe amoureux de jumelles et, pour faire le poids, se crée un jumeau. Jouant à lui tout seuls les deux rôles, il lui faut assumer deux vies. Disparaître sans éveiller les soupçons lorsque son jumeau est demandé… et réapparaître vite fait dans le costume de l’autre !). Une des scènes les plus caractéristiques du film est celle des deux appartements parallèles, chacun occupé par une jumelle entre lesquels Pierre Richard est obligé de courir. Il entre dans une salle de bains avec une serviette rose (couleur du premier couple-jumeau) fait semblant d’aller prendre un bain avant de se précipiter, avec une serviette bleue (couleur du second couple-jumeau) vers sa deuxième dulcinée encore endormie. «Le jumeau» c’est évident, est une mécanique comique parfaitement huilée permettant d’imaginer toutes les situations impossibles où peut se fourrer un maladroit lâche. Mais c’est aussi un fabuleux numéro offert au seul comédien français qui se sert vraiment de ses mouvements et de son corps pour créer un comique physique. Pierre Richard est égal à lui-même, parfait d’efficacité… même si ses va-et-vient d’un personnage à l’autre nous «paument» parfois en route et si la répétition des situations finit par lasser.