A voix haute

Ce que je pense et à voix haute !

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Autoroute pour la mort

Ceci est un téléfilm américain. Mais ce n’est pas grave, parce que I’«Autoroute pour la mort» d’Hal Needham, tourné en 35 mm avec les moyens habituels du cinéma, ne se refuse rien : plans d’hélicoptère, courses-poursuites sur autoroute, carambolages, cascades, etc. C’est seulement cadré un peu plus serré et plus allusif sur la violence et l’horreur (contrairement à ce que laisse entendre le titre français… Le titre original est «Deathcar on the freeway» (voiture de mort sur l’autoroute). Un maniaque s’amuse a empêcher les dames seules au volant de sortir de l’autoroute et les pousse, avec son van amélioré d’un moteur turbo, jusqu’à ce qu’elles se tuent… L’acte de tuer est volontaire. Mais le film sait vous donner le frisson en montrant qu’on est chacun à la merci d’un dingue qui ignore qu’il a entre les mains un instrument de mort et qui, pris d’un soudain coup de sang parce que vous n’avez pas dégagé assez vite, est prêt à vous envoyer dans le décor en jouant les redresseurs de torts. Beaucoup d’entre nous ont déjà subi cette sorte d’agression. Et, si on y répond, c’est l’escalade de la violence… Comme tout téléfilm, «Autoroute pour la mort» moralise sec. L’héroïne du film, une reporter qui a décidé de traquer et de découvrir l’identité de ce «Mad Max des autoroutes», vous regarde droit dans les yeux lors de son show télévisé, et vous explique qu’on est tous des tueurs en puissance. Le film est réalisé par un ancien cascadeur passé à la réalisation dans des films d’action Hal Needham. Il a son équipe de cascadeurs-autos et il s’offre quelques scènes de carrosseries froissées, de dérapages (contrôlés ou non) et d’accidents superbes à voir et qu’on se prend (puisqu’on se sent proche des victimes) en plein dans le pare-brise !

L’étoile du sud

On est loin du roman fantastique de Jules Verne que le film de Sidney Hayers est sensé mettre en images.L'étoile du sud Du roman, il ne reste que l’intrigue de base le vol du diamant. Là dessus se branche une course-poursuite à travers les paysages africains. Une sculpturale jeune femme (c’est Ursule), fille d’un riche major amateur de diamants (c’est Orson), est courtisée par un odieux capitaine mais lui préfère un sémillant aventurier (c’est George, eh oui). Un fabuleux diamant, l’Étoile du Sud, est volé lors d’une réception chez le major. L’acolyte noir du sémillant aventurier prend la fuite. Et l’aventurier devient nettement moins sémillant quand on le jette en prison pour complicité ! Mais l’amour a des raisons… La sculpturale Ursula le délivre et part avec lui à travers la savane, à la recherche du diamant. «Si tu ne ramènes pas le diamant, papa ne t’accordera pas ma main, na !» D’ailleurs papa et l’odieux capitaine sont déjà sur leurs traces… A partir de ce moment précis de la palpitante intrigue, on sort ses cartes postales. Tout les animaux de la réserve y passent. Les éléphants chargent. On met le feu à la brousse. Les trains déraillent et Ursula se baigne nue (ou presque) dans les points d’eau. Tout cela va vite. Les scènes se suivent et se tournent comme les pages d’un exotique et divertissant livre d’images. Idéal pour les jours de grande fatigue ou pour faire tenir tranquille (intelligemment) les enfants… Pour ceux qui craqueraient avant la fin, le coupable, c’est l’autruche !

Les évadés du triangle d’or

Les évadés du triangle d_orAu printemps 1978, une spectaculaire évasion fait la une des journaux occidentaux : un photographe australien et sa fiancée réussissent à fuir le Laos communiste en traversant à la nage le Mékong, fleuve-frontière. Frappé par cette aventure, le cinéaste Hall Bartlett a voulu en savoir davantage pour la porter au cinéma. C’est donc l’histoire vraie de John Everingham que nous conte son film (titre original : «Comeback»). Vivant au Laos dans un pays qu’il considère comme le sien, John assiste à la prise du pouvoir par le Pathet Lao et aux atrocités qui s’ensuivent. Un régime totalitaire s’installe au Laos avec une police politique que commande un certain général Kapler, Allemand de l’Est. Pour avoir transmis des informations en Occident, John est arrêté malmené, expulsé. Sa fiancée Kao reste au Laos, poursuivie par les assiduités de Kapler, qui lui propose de l’épouser. Pendant qu’elle tente de gagner du temps, John prépare minutieusement son évasion, une entreprise périlleuse entre toutes. Ne révélons pas les rebondissements d’un suspense qui nous tient en haleine jusqu’au bout du film… Signalons seulement la présence de la légendaire Priscilla Presley, dans un rôle secondaire de ce film d’aventures policières présenté à Cognac en 1984.

Les requins

Les requinsL’aventure au fond des mers. Trois amis bien balancés partent à la recherche d’un trésor dans le Golfe du Mexique. Jim, Ben et Ron, nos trois héros amphibies aux noms de ricochets, découvrent le butin. Mais celui-ci est gardé par un bataillon de requins gardiens et mangeurs d’hommes surtout quand ils ressemblent à des grenouilles. Jim-Ben-Ron élimineront les requins un à un, ce qui donne lieu à de multiples scènes de bagarres sous-marines à couper le souffle surtout quand on n’a pas de bouteille, à se noyer dans le détail surtout lorsque l’on n’a pas de bouée ! Après les requins viendront d’autres requins, moins amphibies ceux-là qui tenteront à leur tour d’éliminer Jon-Ben-Rim… Des requins d’un bien autre genre : cinq affreux bagnards en rupture de ban et qui ne manquent pas d’air. Film d’aventures aquatiques, filmé principalement, on l’aurait deviné, sous l’eau ! Un bon divertissement à dominante bleu des mers du Sud.

Sauvage et beau

Il y avait, jadis, la malédiction des pharaons… il y aujourd’hui, la bénédiction des «Outsiders». Tous les jeunes mecs que Coppola découvrit dans son film ont fait un joli brin de carrière et continuent à s’imposer superbement dans le créneau «graine de star et nouveau macho». Coppola a fait de Matt Dillon la vedette de «Outsiders» et de «Rusty James»… Mais il a pris letrain en marche ! Bien avant la sortie américaine, pendant l’été 82, Matt Dillon était déjà le «darling des teen magazines». Coppola, en lui offrant le personnage de Dallas dans «Outsiders», le consacra comme graine de star à part entière. Mais Matt Dillon existait avant ! Qui a assisté à une séance publique américaine de «Outsiders» n’a pas oublié les sifflets et les cris d’hystérie qui fusaient de la salle lorsque le beau Matt venait rouler des mécaniques et des zygomatiques en gros plan. C’est vrai que ce jeune loup de 18 ans avait déjà un sacré charisme et séduisait tout en gardant un certain mystère. Plein de santé, cheveux bruns mi-longs, visage anguleux, sourire généreux avec une dent légèrementcassée, regard noir de séducteur romantique, oreilles élancées vers l’arrière, allure altière et svelte, carrure d’épaulesdéveloppée juste ce qu’il faut… Matt Dillon est le type même du beau gosse. Et c’est une des raisons, avec sa jeunesse, de son succèsimmédiat. Dillon – dixit de sérieux magazines américains – plait à tous les publics : les gays et les dames ménopauséesamateurs de gigolos bien sur… mais aussi les parents, pour qui ilreprésente un modèle de gendre convenable, sémillant et sympathique, et le public d’adolescents pour qui il est le copain – ou le boy friend – qu’on aimerait avoir. En 1978, «Houligans» («Over the edge»), son premier film qu’il tourna à 14 ans, traitait de la violence et de la révolte des adolescents dans une grande cité. A la fois thriller et document sociologique, le film de Jonathan Kaplan imposa le côté mauvais garçon de Matt Dillon. Mais son second film, «Les petites chéries» («Littledarlings») de Robert F. Maxwell, avec un rôle de jeune macho que Kristie McNichols drague et dont elle tombe amoureuse, impose, dès l’annéesuivante, l’autre aspect de son personnage : le jeune séducteur sexy. La route Dillon est donc tout tracée, en deux films seulement : loubard de charme et jeune coq sans complexe. Matt Dillon incarne un nouveau style de garçon dans le vent – dixit les magazines pour adolescents. Mais ils passent leur temps à qualifier leur gamin-objet de nouveau Brando, nouveau James Dean et mêmenouveau Paul Newman ! Et Dillon n’aime pas ces parrainages:«Marlon Brando ? Quand je tournais «Houligans», quelqu’un m’a dit que je ressemblais à Brando. Je n’ai pas pris ça pour un compliment. Pour moi, ce n’était que le vieil homme gros que j’avais vu dans «Le parrain». Après, je suis allé voir «Un tramway nommédésir» et j’ai trouve ça pas mal». Le Matt Dillon de 18 ans est pain béni pour toute une presse qui le fait mousser comme une Chantilly et le sacre «le meilleur copain de millions de jeunes Américains», lui faisant tenir des propos du genre : «Moi sexy ? Je ressemble à tous les garçons de mon âge. Je suis bien dans ma peau, c’est tout. Et Ia seule différence que je remarque avec le passé, c’est que je ne fais plus de complexes pour les bêtises. A 15 ans, il m’est arrivé de m’enfermer plusieurs jours pour une poussée d’acné… On dit que je suis un bourreau des cœurs. Toute cetteréputation me fait peur. C’est vrai que je suis «prolifique» en amour et que je rencontre souvent des jolies femmes. Mais je ne suis pas macho. Je ne joue pas avec les sentiments de mes partenaires !» Entre magazines et posters, Matt Dillon est devenu, aux mains de «merchandisers», un nouveau…miroir àfantasmes ! Et, dans cette périodepré-Coppola, le cinéma n’a qu’une importance relative… Tout a commencé par hasard. Le jeune Matt Dillon (c’est son vrai nom, même s’il le partage avec un célèbre cow-boy de série TV américaine) vivait aWestchester, dans l’Etat de New York, avec ses parents, ses cinq frères et sa sœur, un couple de ratons laveurs, six chats et un berger allemand nommé Hitler. Matt est plutôt du genre cancre sympa. «J’étais en train de sécher un cours et de me faufiler dans le couloir, quand un type m’a arrêté pour me demander si je voulais faire du cinéma. J’ai d’abord pensé qu’il se foutait de moi. J’allais me tirer, mais il m’a expliqué qu’il s’appelait Victor Ramos, qu’il étaitdécouvreur de talents et qu’il cherchait des «sales gosses» pour un film de Jonathan Kaplan intitule «Houligans». Un vrai conte de fées à la «A star isborn» ! Matt Dillon enchaine film sur film.«Les petites chéries» en 1979. «Veux-tu être mon garde du corps ?» de Tony Bill en 1980 (titre original «My body gard», film sorti en France uniquement et discrètement en province) où il est encore une petite frappe. «Le challenger» de David Fisher en 1981 («Liar’smoon») qui est une sorte de melo où Matt Dillon a un rôle àla James Dean, de jeune prolo s’enfuyant avec celle qu’il aime, contre la volonté de leurs parents. Et enfin «Tex» de Tim Hunter en 1982, une production Disney que nous n’avons jamais vue en France ! ««Tex» est tout sauf un film dans la tradition Disney, avoue Malt Dillon. Le film raconte les problèmes d’un garçon de 14 ans en Oklahoma. J’en avais 18, mais je me sentais à l’aise pour jouer le rôle d’un adolescent de 14 ans. En apparence, Tex est calme et doux, mais il a des problèmes, comme beaucoup d’adolescents d’aujourd’hui. Il parle à son cheval. Mais il y a un meurtre, une bagarre violente à cause de la drogue et un acte sexuel évident… » On comprend mieux pourquoi, ce film, qui a imposé définitivement Matt Dillon comme nouvelle star de cinéma, est resté dans les ;tiroirs Disney alors que tous les autres films de Matt Dillon sont distribués et même redistribués sous des titres totalement différents («Over the edge», d’abord «Violence sur la ville» puis «Houligans»… ou encore «Liar’smoon» sorti d’abord en cassette sous le titre «Il y a toujours de l’espoir pour ceux qui s’aiment» chez Jacques Leitienne/Carrère, puis sorti en salles, après le succès d’«Outsiders», sous le titre «Le challenger», puis enfin réapparu en vidéo chez René Chateau avec le même titre «Le challenger»). En 1980, Matt Dillon retourne à l’école… à l’école de comédiens, au fameux Actor’sStudio de Lee Strasberg. Il y reste un an et demi. C’est le début du syndrome «Like man. C’mon, I dareyaYe man !» (please… ne demandez pas la VF,c’est intraduisible !). Matt Dillon se crée un personnage très au point de petite frappe virile et fragile, cool et suave, sensible et vulgaire.

Brooke Shields

Incroyable mais (presque) vrai : Brooke Shields est une sainte. Du moins, c’est ce qu’elle s’évertue à prouver aux méchants journalistes qui osent montrer le bout de leur mauvaise langue. Que voulez-vous, depuis les dix-neuf ans que cette demoiselle de vingt printemps exerce son métier, il se trouve toujours quelqu’un pour lui demander si ça ne la gêne pas trop d’exhiber, à son âge, ses jolies formes à tout vent. Et la réponse arrive, enrobée dans un sourire qui fleure bon le marshmellow américain. «Well, me déshabiller dans les films fait partie de mon job. Lorsque je tourne, ce n’est plus moi qui suis concernée, je deviens tout à coup quelqu’un d’autre. Cette dualité tient peut-être de mon signe, celui des gémeaux. A ce moment, je peux m’effacer complètement pour laisser libre cours au personnage que j’incarne et aux sentiments qu’on me demande d’éprouver». Mlle Brooke serait-elle en train de nous faire le coup du «DocteurJekyll et Miss Hyde», du genre douce et pudique le jour, perverse et coquine le soir, quand les caméras se mettent en marche ? On pourrait le croire. Toujours est-il que Mme Shields mère (Teri pour les rares intimes) s’égosille à défendre haut et clair les vertus de sa belle pouliche. «Ma gentille Brooke demeure une vraie demoiselle à notre époque de perdition, clame-t-elle un peu partout. Ma fille ne connaît rien des plaisirs de l’amour, rien des horreurs de l’alcool, rien des cigarettes, rien de la promiscuité». Ah, la mère de Brooke Shields ! A la fois manager-conseillère-nounou de sa belle rejetonne, elle semble avoir été inventée pour les besoins de la légende hollywoodienne. Voilà pourquoi il serait impensable d’évoquer la jeune carrière de Brooke sans mentionner l’énorme influence exercée sur elle par Madame mère. C’est cette dernière qui loue ainsi le minois de sa fille, âgée de onze mois, à diverses agences de publicité d’outre-Atlantique. Nous sommes alors en 1966 et Mme Shields, divorcée de Franck Shields après huit mois de mariage, décide de proposer les services de littleBrookie à quelques photographes dont les clichés ornent des boîtes de lessive et autres savonnettes.Brooke Shields Brooke se transforme rapidement en un des bébés poseurs les plus recherchés de Los Angeles. A dix ans, elle devient une professionnelle de l’innocence ou de la provocation mimées sur commande et généreusement rétribuées. De la photo publicitaire au cinéma, il n’y a qu’un pas que Brooke franchit allègrement. Sa première incursion cinématographique a lieu en 1977 dans «Annie Hall» de Woody Allen, mais le rôle est coupé au montage. Ce n’est que dans «Communion sanglante», un sombre film d’horreur que l’adolescente effectue ses vrais débuts au grand écran. L’année suivante, Louis Malle lui confie le rôle féminin principal de «La petite», celui d’une jeune prostituée de Louisiane amoureuse d’un photographe lors de la Première Guerre mondiale. Brooke y laisse deviner le bout de ses petits seins, ce qui scandalise fortement l’Amérique profonde. «Travaillée» par sa redoutable maman chérie, Brooke affirme alors ne pas comprendre ce qui choque tant ses concitoyens. A relire ses déclarations de l’époque, on a l’impression que «La petite» ne serait qu’un doucereux conte de fées où une Blanche Neige blédineuse prendrait son goûter au Bordel du coin. Le remue-ménage provoqué par ce film finit par porter ses fruits puisque la candeur juvénile de Brooke se retrouve à la une de plusieurs publications américaines et européennes. Du coup, les propositions de films commencent également à affluer. Oh, bien sûr, il ne s’agit pas là de chefs-d’œuvre du 7e art, mais d’inoffensives œuvrettes qui ne feraient pas de mal à une mouche. Citons notamment «Tilt» de Rudy Durand, «Just you and me kid» de Leonard Stern ou encore «Wanda Nevada» réalisé par Peter Fonda, tous trois tournés entre 1978 et 1979. Pendant ce temps, maman Teri se frotte les mains. L’argent affluant régulièrement dans la caisse d’épargne familiale, elle décide de fonder la Brooke Shields and Co, une société censée gérer au mieux les intérêts de sa fille. Inutile de vous préciser que Teri se nomme aussitôt présidente à vie de ladite société dont le slogan pourrait être «Au nom du marketing et des coups d’éclat, ainsi soit-il». En 1980, la jeune adolescente accepte de tourner un spot publicitaire vantant les mérites des jeans du styliste Calvin Klein. Elle prend sa plus belle voix (et un cachet de 400 000 dollars) pour susurrer : «Savez-vous ce qu’il y a entre mon jean et moi ?… Rien !». L’Amérique est encore une fois choquée de voir sa minette préférée jouer, à quinze ans, les Lolita allumeuses. Quelques mois plus tard, le scandale est de nouveau fidèle au rendez-vous mais, cette fois, les Shields (mère et fille) ne trouvent pas cela très «payant». En effet, c’est le moment que choisit un photographe, Gary Gross, pour publier un album intitulé «Sugar and spices» (Sucre et épices) comportant plusieurs nus de little Brookie. Pris en 1975, alors qu’elle était âgée de dix ans, ces clichés la représentent nue dans sa baignoire et le corps enduit d’huile. Lorsqu’éclate l’affaire, en 1981, Teri Shields en profite aussitôt pour réclamer le versement de royalties sur lesdits clichés qu’elle avait autorisés à l’époque et qui lui avaient été payés. Le photographe lui oppose un refus formel. Drapée dans sa dignité de duègne outragée, Teri intente alors un procès (qu’elle perd) à Gary Gross. L’arrêté du juge est on ne peut plus clair : «C’est vous, madame, qui avez fait photographier votre fille nue, quand elle avait dix ans. Vous avez reçu 450 dollars. Maintenant que votre enfant est célèbre, vous réclamez un million de dollars pour ces photos. Il me semble qu’il est un peu tard pour pleurnicher». Et toc ! Brooke se (re)tourne alors vers le cinéma, le seul moyen de redorer son blason terni. Elle tourne «Le lagon bleu» avec un adolescent inconnu nommé Christopher Atkins. Les deux jouvenceaux sont, pour les besoins de l’intrigue, parachutés sur une île déserte du Pacifique. Ils découvrent, au fil des années, les charmes de leurs anatomies respectives avant d’enfanter un bébé. A la sortie du film, les ligues bien-pensantes ne trouvent pas matière à redire puisque la nudité de Brooke est pudiquement camouflée par sa longue chevelure et un flou des plus prudents. «Le lagon bleu» étant surtout destiné à être «consommé» par un jeune public, on comprend parfaitement pourquoi Brooke et sa mère préfèrent ne pas trop faire de vagues. Ce créneau leur réussit si bien qu’elles récidivent l’année suivante avec «Un amour infini». Mais, cette fois, la barre est placée un peu plus haut et le réalisateur Franco Zeffirelli sert de caution artistique. Pour respactibiliser davantage encore l’entreprise, on choisit de porter à l’écran un roman plutôt bien accueilli par la critique américaine. Les amours adolescentes sont une fois de plus mises à contribution puisqu’il est question ici d’une brulante passion qui unit une lycéenne de quinze ans à un autre teen-ager au look crypto-boutonneux de rigueur. Mais les parents voient pareille liaison d’un mauvais œil et s’ingénient à contrecarrer cette romance bourgeonnante. Bref un film pétri d’innocence émaillé par quelques scènes d’amour très appliquées entre Brooke et son partenaire. De temps à autre, et histoire de nous prouver que nous assistons effectivement à un film dramatique, Mlle Shields fronce consciencieusement les sourcils tout en écarquillant les yeux. Cette gymnastique faciale n’empêche pas le public de bouder cet «amour infini malgré une campagne publicitaire habilement menée. Mais le film permet quand même à la jeunette d’empocher Ia bagatelle de 500 000 dollars qui tombent droit dans I’ escarcelle de la société Brooke Shields and Co. Millionnaire en dollars, Brooke prétend pourtant ne jamais penser à l’argent. «L’argent ne m’intéresse pas et je n’y comprends d’ailleurs rien, affirme-t-elle. Un jour,maman m’a montré un chèque : il y avait tellement de zéros que je ne parvenais pas à lire le montant de la somme. C’est elle qui s’occupe de tout. Moi, je travaille parce que j’aime ça». Autre son de cloche chez Mme Shields mère qui déclare: «Brooke adore toucher l’argent qu’elle gagne avec ses doigts». II n’empêche que ladite Brooke à beau être préoccupée de (bien) gagner son avenir, elle n’en désire pas moins le «cultiver». C’est probablement la raison qui la pousse à s’inscrire dans la prestigieuse université de Princeton où elle poursuit des études de littérature et de psychologie depuis la fin 83. Cela, tout en continuant à tourner entre deux cours, comme c’est le cas en 1984 avec «Sahara» d’Andrew McLaglen, qui sort aujourd’hui en vidéo chez GCR. Elle y incarne une jeune Américaine des années trente qui participe à une course automobile, à travers le Sahara,déguisée en… homme. Enlevée par des bédouins, elle finit pas céder aux avances d’un jeune cheikh déguisé en Lambert Wilson (à moins que ce ne soit le contraire). Mais le vrai folklore se déroule lors du tournage du film en Israël. Sur le plateau, cette chère Brooke ne se montre qu’accompagnée par sa mère, un professeur de français ainsi qu’un professeur de mathématiques. Ensuite, Darling Teri (coproductrice déléguée de «Sahara») s’arrange pour avantager la prestation de sa fifille par rapport à celles des autres participants du film. D’où un climat de tension persistant entre Teri et l’autre producteur du film, Menahem Golan, qui entend bien avoir le dernier mot. A sa sortie, «Sahara» ne passionne pas vraiment les foules et rejoint «Un amour infini» dans la catégorie des films de Brooke à voir au douzième degré, histoire de rigoler les soirs de blues. Depuis Mlle Shields a réintégré son université de Princeton non sans avoir annonce trois importantes décisions en ce qui la concerne. D’abord, la mise en chantier de «A look at Brooke», un documentaire sur sa précieuse personne qu’elle a elle-même commandité par l’intermédiaire de la Brooke Shields and Co. Elle a ensuite démenti être amoureuse d’Anthony Delon, John Travolta et Albert de Monaco auxquels l’avaient fiancée les gazettes spécialisées. Last but not least, elle s’apprête à publier un livre de conseils aux jeunes adolescentes yankee, livre dont elle assure actuellement la promotion et pour lequel elle s’est engagée, par contrat, à… rester pucelle jusqu’en juin ! Comme le dirait Jean Yanne : «Publicité, virginité, choucroute».

Raquel chez Thorn Emi

Elle a eu droit à la couverture et à un superbe sujet dans notre numéro de mai. Consacrée super vedette mondiale, considérée comme un sex-symbol de luxe pour les professionnels du cinéma, la belle Raquel Welch est, à 40 ans, le type même de la femme sexy, sportive et bien dans sa peau. Ce rapide portrait pour vous rappeler que la K7 «Raquel en pleine forme…» est disponible chez Thorn Emi Vidéo. Nous avions oublié de vous le signaler. L’erreur est réparée…

Minitel fait le maximum

MinitelLe pari télématique engagé par la DGT en 1978 semble tenir ses promesses et devrait concerner d’ici la fin 1986 près de trois millions de foyers. L’annuaire électronique remplacera les 15.000 pages de l’annuaire. La consultation de la banque de données des 23 millions d’abonnés au téléphone se fait par interrogation, via le Minitel. Télétel a aujourd’hui élargi considérablement son champ d’action et compte déjà plus de 500 services et il en naît de nouveaux-chaque jour. Mais Télétel c’est aussi une nouvelle forme de communication entre particuliers. On troque, on échange, on vend par le biais du petit écran. La Fnac, à travers une exposition qu’elle a réalisée, présente les caractéristiques et les structures du service Télétel et du Vidéotex, les possibilités de connexion avec les micro-ordinateurs, etc. Cette exposition se tient jusqu’au 29 juin à la Fnac Étoile, 26, avenue de Wagram, 75008 Paris.

L’Amérique en bleu

«Il était une fois en Amérique», le film événement de Sergio Leone avec Robert de Niro, est sorti récemment chez Thorn EmVidéo. Ce dernier a voulu ajouter une note de fantaisie à ce lancement en utilisant un boîtier de cassette bleu. Original et sympa, non ?

Les pirates italiens souffrent

Seize mois d’emprisonnement, c’est la peine que vont purger cinq distributeurs de vidéocassettes pirates… en Italie. C’est la première fois que la justice italienne frappe aussi fort dans ce genre d’affaires. A quand de telles mesures en France ?

Des actionnaires prestigieux pour VDM

Le groupe VDM conforte sa position sur le marché de la prestation vidéo professionnelle en procédant à une augmentation de capital à laquelle ont participé la SFDMV (majoritaire), la Sofirad, mais aussi la Caisse des dépôts et consignations, la banque Worms, la Bimp, et le Club français du livre. Les bons résultats de VDM en 1984, avec une croissance de son chiffre d’affaires de 25 %, n’y sont certainement pas étrangers.

Japon,22 millions de vierges

La vidéo japonaise s’exporte bien. En 1984, ce sont plus de 22 millions de vidéocassettes vierges nippones qui se sont vendues dans le monde (+ 44,8 % par rapport à 1983), surtout aux États-Unis (11,9 M) et de moins en moins en Europe (3,75 M). Quant aux Japonais ils ont consommé plus de 4 millions de cassettes en 84.

Festival d'AvoriazFestival d’Avoriaz de la photo: RATB remet le trophée du vidéaste amateur

Créé en 1981, le Festival d’Avoriaz de la photographie fêtera cet été, du 20 au 27 juillet, son cinquième anniversaire. Au départ, l’idée était de se servir de la notoriété acquise par Avoriaz, l’hiver, comme haut lieu du cinéma fantastique, pour faire de cette station, l’été, la station de la photographie. Les deux initiatrices de ce festival, Jacqueline Délia, publicitaire, et Claudine Maugendre, directrice de la photographie au magazine Actuel, ont décidé d’ouvrir cette manifestation à toutes les catégories d’amateurs de la photographie, qu’ils soient débutants ou initiés, tout en leur offrant des interlocuteurs de la plus haute qualité professionnelle. Au programme cette année, des expositions, des soirées rencontres et une série de stages. Élargissant l’horizon de ce festival, s’ajoutent aux différents stages de photographie, un stage radio et un stage vidéo. Bien sûr, RATB ne pouvait laisser passer l’occasion de parrainer ce dernier. C’est la réalisatrice et technicienne Carole Roussopoulos qui le dirigera. «Avec la vidéo, on peut prendre tout son temps, voir immédiatement ce qu’on tourne et même refaire tout de suite les plans», nous a-t-elle confié. L’apparente complexité du matériel vidéo ne représente pas un réel problème pour la responsable de Vidéo Out : «La technique est des plus simples et peut être rapidement maîtrisée par des débutants. Il n’y a pas de notions d’optique comme c’est le cas avec le 16 ou le 35 mm. De plus, la société Sony France nous confie un tout nouveau matériel 8 mm qui est d’une grande maniabilité et qui donne une image fabuleuse». Carole Roussopoulos a pour but d’animer un stage actif d’initiation au tournage où les débutants apprendront à filmer. Aux stagiaires de choisir leur thème, de l’exploiter caméra en main et de réaliser ensuite un montage. Lors de la soirée de clôture, nous remettrons le trophéeRATB du vidéaste amateur à la meilleure œuvre créée durant ce stage. Toutes les personnes intéressées peuvent s’adresser au bureau du Festival d’Avoriaz de la photographie, 16, rue des Huissiers, 92220 Neuilly Tél. : 624.45.83. Le prix du stage est de 2.500 francs sans hébergement et de 2.950 francs avec hébergement.

La vidéo au service des comités d’entreprises

Eternia Vidéo Distribution, société de vente par correspondance des vidéocassettes aux particuliers et aux comités d’entreprises, donne la priorité à ces derniers. Pour ce faire, EVD a engagé deux représentants supplémentaires sur Paris et la région parisienne, a renforcé son installation et son système de service après-vente du matériel (TV, magnétoscopes, chaînes hifi…). Par ailleurs, EVD a organisé dans le cadre de journées portes ouvertes du 2 au 11 mai, l’opération Satellite, soit une démonstration de télécommunication en direct avec antenne satellite. Pour tous renseignements, s’adresser à Eternia Vidéo, 156, rue de la Croix-Nivert, 75015 Paris.

6 juin 44, ils débarquent !

Un million d’hommes, 650 000 tonnes de matériel, 720 navires de guerre et 4266-bateaux de transport. La plus formidable armada de tous les temps placée sous le commandement du général Eisenhower. Le 6 juin 1944, les forces alliées débarquent sur les côtes françaises de Normandie. A l’occasion du 40e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, ce jour J et ses préparatifs font l’objet d’une vidéocassette lancée par Vision 7, société de production filiale du groupe de presse d’Hachette et de Channel 80, en coproduction avec le ministère de la Défense française. C’est la première fois que les militaires décident d’exploiter des images qui représentent un véritable «trésor de guerre». Au fort d’Ivry sont en effet stockées des archives d’origine allemande, considérées juridiquement comme des prises de guerre. Ce document historique est donc exclusivement constitué d’archives cinématographiques uniques en provenance de l’Ecpa (Établissement cinématographique de l’armée) et de sources extérieures anglaises (Imperial warmuseum), américaines (département film du Congrès à Washington) et allemandes. A partir de ces centaines d’heures d’images d’archives, Georges Alepee, le réalisateur, a reconstitué plan par plan les différentes actions militaires de l’époque. Il a été conseillé pour ce faire par le général Compagnon, qui a participé à l’inoubliable aventure. Si Georges Alepee a réussi un tour de force pour reconstituer visuellement l’événement, il a également effectué un travail d’horloger pour synchroniser les images avec le son et recréer un univers sonore d’époque. Pour les commentaires, Vision 7 et le ministère de la Défense ont tenu à éviter le piège du ton pompeux et grandiloquent habituellement utilisé dans les films historiques. Ils ont donc fait appel à un journaliste, Jean-Claude Dassier, pour écrire et dire les commentaires. «6 juin 44 — D. Day» est un film qui a déjà connu un grand succès international. Il a été diffusé par PBS, chaîne publique américaine, et les télévisions italienne et espagnole l’ont acheté. La vidéocassette, distribuée par Film Office, est la première d’une collection que les vidéophiles désireux de conserver la mémoire de notre temps apprécieront. Il est déjà prévu pour le mois de novembre prochain une cassette sur la guerre de 14-18, avec, encore une fois, des documents d’une exceptionnelle qualité. Vendue 225 F. TTC, «6 juin 44 — D. Day» est disponible chez Ecep Vidéo Service, 5, rue Scribe, 75009 Paris. Tél. : 742.65.74

Rififià Cannes

cannesLe Festival du film policier s’est déroulé du 11 au 14 avril à Cognac sous la présidence de Sergio Leone. Le jury, qui comptait des personnalités aussi différentes que Georges Kiejman, Roger Hanin et… Sophie Marceau, a décerné le grand prix à «Une sale petite guerre», film argentin d’Hector Oliveira. Le prix spécial du jury a été attribué à «Série noire pour une nuit blanche» de John Landis, une bande dessinée pleine d’humour et de charme, bien dans la tradition des séries noires. «Un été pourri» de l’Australien Philip Borsos a obtenu, quant à lui, le prix TF1 et le prix du public. Même si les deux films français sélectionnés, «Adieu blaireau» de Bob Decout et «Transfuge» de Philippe Lefebvre, ont quelque peu déçu, l’hospitalité des négociants du cru et l’organisation de Promo 2000 ont, encore une fois, fait de ce festival une des manifestations cinématographiques les plus prisées de l’année.

Belmondo, le professionnel

Belmondo

Depuis plus de 25 ans, il est pour des millions de spectateurs dans le monde une des plus grandes stars européennes. Pourtant, s’il est aimé et adulé par une grande majorité, il est aussi mis au banc des accusés par une frange de personnes acceptant difficilement ses prises de position pour une certaine image du cinéma. Vous l’avez deviné, c’est de Jean-Paul Belmondo qu’il s’agit, un acteur dont le souci premier est de séduire le public. De «A pied, à cheval et en voiture» à «Joyeuses Pâques», Alexandre Grenier nous fait revivre la carrière et la vie de l’as des as dans un ouvrage fort bien documenté et illustré par plus de deux cents photos. «Jean-Paul Belmondo» par Alexandre Grenier est vendu 240 francs (Editions Henri Veyrier) dans toutes les bonnes librairies.

News News

L’action commune des vidéoclubs francophones, refusant d’acheter la cassette des «Ripoux» à un prix exorbitant, a abouti. La société distributrice Vidéoplay-Proserpine a finalement accepté de la commercialiser à un tarif inférieur aux 1000 FB (1450 FF) fixés initialement.

La manifestation vidéo «Voir des vidéos» (vidéos belges et anglaises), organisée à Bruxelles début mai par la Communauté française de la culture et par la Médiathèque de la communauté française, a été l’occasion d’une compétition entre vidéogrammes de Bruxelles et de Wallonie.

Movierack sera sans doute le nom du prochain réseau de distribution de cassettes mis au point par RCA, CIC et Warner en librairies et en stations services. Il permettra de louer simultanément un lecteur et trois ou quatre cassettes.

Déjà élevé, le prix des cassettes vierges (37 FF les 2h, 44 FF les 3 h) pourrait doubler sous l’effet d’une éventuelle taxation.

CIC Belgique a une nouvelle adresse : Woluwe St-Pierre, 95, avenue du Péage, Bruxelles.

En novembre, la chaîne nationale Rtbf et les éditions Dupuis lanceront une chaîne à péage, sur le modèle de Canal + (coût de l’abonnement : 100 francs par mois).

Jeu, set et K7

Une grande partie de la population (masculine surtout) disparaît chaque année mystérieusement pendant une quinzaine de jours. Le décès d’une vieille tante bourguignonne ou une crise subite d’appendicite, tous les moyens sont bons pour passer les derniers jours de mai et les premiers de juin devant son téléviseur ou, pour les plus chanceux, dans le paradis de la petite balle ronde : le stade Roland Garros.Roland Garros Les Internationaux de France de tennis, qui se déroulent cette année du 27 mai au 9 juin, paralysent la France du travail. C’est la bonne occasion pour nous de vous rappeler, de façon non exhaustive, les principales cassettes disponibles concernant ce sport. En dehors des programmes éducatifs comme «Comment corriger vos défauts au tennis» (RCV), «Jeu, set et match avec Yannick Noah» (SVP), «Les règles du tennis, comment s’entraîner au tennis» (VPE) et «Bjorn Borg, séries de cours » (3 K7 Ciné Vidéo Films), les programmes concernant les grands tournois ne sont pas très nombreux. Notons tout de même «Les dix ans de Wimbledon» (Thorn Emi), «World championship tennis» (GCR), «Un siècle à Wimbledon» (Vidéo Loisirs), «Roland Garros 76» (VPE), «Roland Garros 8» (DIA) et «Borg-Lendl-Bâle 80» (Vidéo Loisirs). Signalons que toutes ces vidéocassettes ne font plus l’objet d’aucune édition et distribution nouvelle. Vous les trouverez uniquement dans certains vidéoclubs qui les ont achetées à l’époque de leur lancement. Pour les nouveautés, deux programmes très différents à signaler. D’abord, il y a «La finale du tournoi WCT à Dallas 83» (VSR) avec le superbe match opposant McEnroe à Lendl. Ensuite, vient de sortir la première partie des leçons de tennis que donne Yannick Noah sur TF1 en compagnie de Patrice Hagelauer. Avec une musique originale de Manu Dibango, une réalisation signée Adolphe Dhrey, cette cassette de 60 minutes est vendue 300 francs et est disponible au service commercial de TF1, Boîte Cedex N°703, 75807 Paris Brune. Pour le reste, bon Roland Garros…