A voix haute

Ce que je pense et à voix haute !

rainbow

Knebworth, Hertfordshire, Grande-Bretagne

Samedi 30 juin 1990. Il pleut. 120.000 spectateurs, et presque autant de parapluies multicolores, sont agglutinés devant la scène. Curt Smith, la voix tremblotante, entonne «Change». Les Tears for Fears ouvrent le bal. Choristes et musiciens ont maille à partir avec leurs imperméables. Lorsque Roland Orzabal entame «Everybody wants to rule the world», le soleil revient.

Ouf ! Depuis dix minutes vient de débuter l’un des plus impressionnants concerts de l’histoire du rock. Au même titre qu’un «Woodstock» ou un «Band aid», «Knebworth» restera un événement mémorable. En France, la télé a occulté cette manifestation! Logique. Seules quelques radios comme Europe 2 ou RFM lui ont consacré une large place. Jusqu’alors, « Knebworth » était disponible en disque. Aujourd’hui, l’événement existe également en vidéo. Ces trois cassettes, distribuées par Média 7, regroupent, en plus de trois heures de musique live, la quasi-intégralité du concert. Cliff Richard et les Shadovvs, Phil Collins et Genesis, Paul McCartney reprenant «Hey Jude» et «Can’t by me love», Status Quo, Eric Clapton, Dire Straits, Elton John (respirez!), Robert Plant et les Pink Floyd! Ni plus ni moins… Plus complet que le disque, « Knebworth », en vidéo, nous permet sur– tout de découvrir un «Money for nothing» interprété de concert par Knopfler et Clapton (superbe), un Phil Collins survolté mimant les Blues Brothers et nous offrant un medley démoniaque avec ses camarades de Genesis, un David Gilmour et ses Floyd à la nuit tombée reprenant deux succès du groupe sous un feu d’artifice étincelant. Tout le gratin du rock est réuni en hifi stéréo. La pluie reprend sur «Sussudio», la tempête arrive sur ii Mama». Orage, éclaircies, rien ne parvient à assombrir cette fantastique journée de juin. L’ensemble est magnifiquement filmé et comble du bonheur pour les fans, la vidéo nous restitue plus qu’un simple concert, une ambiance de fête exceptionnelle. Un cadeau de Noël idéal pour tous ceux qui n’ont pu partager cette manifestation sur place.
Pierre qui roule n’amasse pas mousse, dît le proverbe. Faux, en ce qui concerne Sharon Stone,covedette avec Schwarzie du turbulent «Total recall », qu’on a vue notamment dans « Les uns et les autres» (Fil à Film}, « Police academy. 4» (Warner) et «Allan Quatermain et les mines du roi Salomon » (UGC) Portrait ciselé d’une affolante bombe sexuelle qui sait jouer de ses formes comme personne.

Sharon Stone

Elle est belle, elle est blonde, elle bénéficie d’un QI nettement au-dessus de la moyenne, voilà pour les lieux communs. Abordons maintenant le sujet par le détail, il en vaut la peine. Sharon Stone, qui joue l’épouse insoumise de Schwarzenegger dans «Total recall», est née voici vingt-deux printemps à Meadville, une souriante localité pennsylvanienne, à l’est des USA. Elle assume dans une quiétude replète une enfance insouciante, remplie de goûters frivoles et de parties campagnardes avec ses amies et ses parents quincaillers. A l’âge de dix-sept ans, elle remporte son premier prix de beauté. Mais n’allez surtout pas croire que la jeunette fait dans l’évanescence, façon «sois belle et tais-toi». Que non pas! Elle s’inscrit à un cours d’art dramatique, titillée par l’impérieux besoin de jouer la comédie un jour. Parallèlement, elle suit des études universitaires dans la section Arts et lettres. Elle obtient d’ailleurs un prix en littérature. Deux ans plus tard, elle rencontre, à New York, Eileen Ford, la directrice d’une fameuse agence de mannequins. Et là, tout va très vite pour Sharon l’entêtée. Engagée sur le champ, elle enchaîne publicités et photos de mode. Ecoutons-la, elle se souvient. «J’ai vécu avec l’un des responsables de l’agence. Il était très strict. Je n’avais droit qu’à l’eau et aux repas diététiques. Il essayait à tout prix de me faire maigrir. A l’époque, j’étais la plus grosse fille mince que je connaissais…» Son statut envié de mannequin vedette lui permet de voyager dans le monde entier, de Paris à Tokyo en passante par Rome et Milan, sans pour autant lui faire oublier son but initial, devenir comédienne. «Un jour, je participe à un casting et le responsable me fait entrer dans son bureau. Il se met devant moi, me dit qu’il fera de moi une grande star et aussitôt enlève son pantalon. Je n’ai jamais ri aussi fort de ma vie, mais je ne pense pas que ce soit la réaction qu’il attendait. Bien sûr, le syndrome du canapé existe, mais il ne faut rien exagérer. Et puis, je ne connais personne qui vous engagera sur un film qui coûte cher sous prétexte que vous vous débrouillez bien au lit.» Elle se perfectionne à Los Angeles dans le cours d’art dramatique «J’ai interprété un fantasme de Woody Allen.» de Roy London. Il a une approche intellectuelle du métier de comédien que j’apprécie.

Woody Allen

Ce n’est pas lui qui vous demandera de vous allonger par terre et de vous prendre pour un morceau de bacon en train de frire! En 1980, Woody Allen l’engage pour un rôle muet dans son film «Stardust memories». «J’étais dans une cafétéria avec une centaine de figurants, l’assistant est venu vers moi et m’a dit : « Woody Allen voudrait savoir si vous seriez d’accord pour jouer dans son film ». Il m’a amenée dans la salle des costumes et m’a demandé de mettre un vêtement qui ressemblait plus à une cartouche de fusil ou à un obus qu’à une robe. Je leur ai dit que je ne voulais pas être un obus. Ils n’ont rien voulu savoir puisque j’étais censée interpréter un fantasme de Woody Allen.» Pour elle, c’est le coup de gong d’une fructueuse carrière audiovisuelle.

série Magnum

On peut admirer ses formes et son talent dans plusieurs séries télévisées comme «Magnum», «Mike Ham mer» ou «Remington Steele». Elle y affûte ses armes et fourbit ses atouts en attendant le Grand Rôle. Le futur réalisateur de «Freddy», Wes Craven, lui offre sa première vraie prestation de comédienne, en 1981, dans «La ferme de la terreur», un curieux film d’épouvante qui sacrifie à l’ex-mode des teenagers persécutés par un maniaque. La jolie Stone est ensuite sollicitée par Lelouch qui l’intègre au casting foisonnant des «Uns et des autres». Ensuite, elle tourne «Police academy 4» qu’on peut charitablement oublier et, en 1985, elle tient le premier rôle féminin, aux côtés de Richard Chamberlain, dans «Allan Quatermain et les mines du roi Salomon» et sa suite, «Allan Quatermain et la cité de l’or perdu». Elle ne manifeste pas de tendresse excessive pour ces deux derniers films. «Même si les enfants les adorent, ces deux films sont particulièrement stupides. Cela dit, c’est la première fois que l’on me reconnaissait. Dans les restaurants, les enfants venaient me dire bonjour tandis que leurs pères s’approchaient de moi et me lançaient :
« Ex-causez-moi de vous déranger, mais mon fils voulait vous rencontrer ». » Ah! L’incroyable perversité parentale! Et puis vient le miracle, la consécration avec «Total recall», le thriller futuriste ultra-violent réalisé à toute vapeur par Paul « Robocop» Verhoeven. «J’ai fait de la musculation et je me suis sérieusement entraînée aux arts martiaux, à la fois parce que mon rôle l’exigeait et aussi parce qu’il était important qu’Arnold (Schwarzenegger) ait pour moi un certain respect professionnel…» Nul doute qu’elle a su s’imposer, sur un tournage pas toujours simple, face à un Schwàrzie médusé par son surprenant savoir-faire. «Depuis que je fais des films, c’est la première fois qu’on me traite ainsi!», aurait-il confié à Sharon Stone à l’issue d’une bagarre entre eux deux passablement mouvementée. Pour la promotion du film, elle accepte de poser dans Playboy. «Je n’ai pas un corps parfait et ça me gênait un peu de faire des photos.» On souhaite à nos petites amies d’avoir des formes aussi bien bousculées que les siennes. Aujourd’hui, la belle continue de travailler sa diction et coule des jours heureux en compagnie de Michael Gruber, son producteur de mari. Désormais, il faudra compter sur cette comédienne étonnante, à la personnalité étrange et énergique, rayonnante et magique. Affaire à suivre.., de très près !

Sanglé dans son cuir noir de motard, ses bottes en autruche de chez Sam Lucchesse — le maître bottier texan — posées sur son bureau, Erwin Schott savoure pour la millionième fois «The wild une z>. A quatre-vingt-douze ans, Erwin, le président de Schott and Bros, l’inventeur de l’incontournable Perfecto, est le patriarche de Perth Amboy, New Jersey. Ici, les usines du « papi rebelle» font vivre plusieurs milliers de travailleurs. «There is no business like Perfecto business !»

1930 — New Jersey. Erwin Schott invente un blouson de cuir noir aussi résistant qu’une forteresse volante…

1947 — Hollister (Californie). Le 4 juillet, un  » gang de motards envahit la ville et y sème la terreur. Life leur consacre sa couverture.

1953 — Los Angeles. La première du film ii The wild one» (L’équipée sauvage) fait scandale dans la citée des anges. Marion Brando et Lee Marvin, carapaçonnés dans leur Perfecto, chevauchent d’énormes Harley-Davidson pétaradantes. Les deux futurs monstres sacrés ne se doutent pas encore qu’ils vont devenir les héros de la génération perdue. C’est toujours en 1953 que les usines Schott ne peuvent pas produire assez de Perfecto. La marque est sur orbite, son blouson est désormais synonyme de liberté, d’aventures, d’indépendance et de fureur de vivre. Voilà pourquoi L’équipée sauvage est le film culte d’Erwin Schott. Il a suffi d’un Perfecto noir sigle du nom de Johnny pour qu’un blouson devienne un vêtement fétiche faisant de par le monde des millions de «fashion victimes». Mais Erwin n’oublie pas non plus l’Australien Mel Gibson. C’est encore dans un Perfecto laminé que mué Max, le guerrier de l’Apocalypse, massacre les forbans du grand désert rouge. Le méchant Max récidivera dans deux autres films faisant entrer encore plus de royalties dans les caisses de Schott.

Au fur et à mesure que les images défilent, Erwin a également une pensée émue pour Arnold Schwarzenegger. L’indestructible mutant de «Terminator» était lui aussi « armé» d’un Perf plus redoutable qu’un char Patton. Mais avec ii The wild une z. le film que papi Erwin préfère reste «Streets of fire». « Des rues de feu » où Michael Paré et Willem Dafoe jouent aux anges de l’enfer bardés de cuir noir clouté. Une comédie musicale 100% pur rock’ n’ roll en hommage aux fifties et à la seconde peau, le Perfecto !
Noyé dans les films de sa « vie», Erwin a failli oublier le légendaire «Black leather jacket» de Correy Hart, le rival de James Dean dans « La fureur de vivre ». C’est à cause de ce blouson démoniaque que le voyou finira sa vie au bas d’une falaise, écrasé dans sa Buick Roadmaster. L’histoire ne dit pas si le blouson a survécu à la chute.
Enfin, Erwin rêve de son film aux mille Oscars, « son » chef-d’œuvre : « L’homme à la peau de serpent ».
Marlon Brando
Ici, Marlon Brando, plus détruit que jamais, évolue dans un univers de pluie et de boue vêtu d’un blouson en python qui finira, comme lui, dans les flammes. Comme un cuir de héros.

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