A voix haute

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3615, code Père Noel

Le réalisateur du « Passage » attaque de plein fouet un des symboles les plus éternels de notre société : le père Noël. René Manzor a construit un thriller au style visuel très étonnant. Chaque image, composée comme un tableau, procure une émotion, crée le dépaysement ou la distanciation avec une violence somme toute assez crue. La plus grande partie de « 36.15, code Père Noël » se passe dans un manoir, qui est le troisième personnage du film. Thomas, petit garçon de neuf ans, choyé par sa maman mais sans papa, assez exaspérant tellement il est conditionné par l’informatique et les super-héros, a un point faible : il croit au père Noël. Le 24 décembre à minuit, il l’attend pour le capturer. Mais par une suite de hasards, un dangereux psychopathe débarque par la cheminée, déguisé en père Noël. René Manzor a réalisé un thriller efficace et subtil qui dépeint sans complaisance un monde où l’enfant, hyper protégé et livré à lui-même, se voit proposer, en guise de héros, une Rambo-machine à tuer ! Patrick Floersheim, en père Noël psychopathe, et Louis Ducreux, en grand-père dépassé par les événements, sont étonnants. Ce film, beaucoup plus abouti et intelligent que la plupart des films américains du genre, n’a pas connu en salles le succès espéré. La vidéo devrait lui permettre de trouver enfin son public..

Faux-semblants

David CronenbergDavid Cronenberg trimballe, d’un film à l’autre, son obsession de la destruction physique et psychique de l’individu. Et, à chaque film, son approche est différente. Dans « Faux-semblants », qui a remporté le Grand prix du Festival d’Avoriaz 1989, on retrouve cette lente désagrégation de l’individu. Mais, loin des effets horrifiques de films comme « Parasite murders » ou « La mouche », il organise ici une œuvre dérangeante, mais jamais écœurante. De vrais jumeaux, gynécologues de renom, partagent tout… même les femmes. L’un est plus extraverti et séducteur, l’autre plus introverti et timide. Leur ressemblance leur permet toute les substitutions, professionnelle ou amoureuse. Mais un jour, une femme, une actrice, surgit dans la vie de l’un deux, puis des deux. Et elle entraîne le plus faible vers la déchéance et la drogue. Pour sauver ou rejoindre son jumeau, l’autre plongera aussi. Le plus époustouflant du film est le travail de comédien de Jeremy Irons qui compose deux personnages voisins (puisque jumeaux), mais ayant chacun leur personnalité propre. Un détail imperceptible, une attitude, une réplique permet de savoir qui est qui. Et, sur l’écran, les jumeaux, interprétés par Jeremy Irons, s’intègrent étonnamment dans la même image, grâce à l’utilisation d’une technique de double filmage d’une même séquence sur une même pellicule, réglée par ordinateur. « Faux-semblants » est un film dérangeant, fascinant, étonnant, dont on ne sort certainement pas indemne !

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