A voix haute

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Le quai des brumes

Le quai des brumes Jean, un déserteur, s’est réfugié au Havre dans l’espoir d’embarquer bientôt pour l’étranger. Là, il est hébergé, dans une petite cabane au bout des quais, par le chaleureux Panama. Il fait bientôt la connaissance d’un peintre farfelu et d’une ravissante jeune fille triste, Nelly, qui semble terrorisée par son tuteur. Tombé éperdument amoureux d’elle, Jean décide de rester quelque temps en France, mais s’attire très vite des ennuis. Le tuteur et une bande de voyous veulent lui régler son compte. Toute la poésie de Prévert envahit ce film. Auteur du scénario et des dialogues (« T’as d’beaux yeux, tu sais »), il sait trouver le ton juste pour ne jamais faire basculer l’intrigue dans le mélo redoutable, tant convoité aux Etats-Unis à l’époque. Un demi-siècle après sa sortie, les images ont gardé tout leur charme d’antan. Michèle Morgan est simplement irrésistible. Jean Gabin le charmeur lui illumine le regard. A sa sortie, le film fut taxé de démoralisateur des troupes à la veille du second conflit mondial… Il décrocha le Prix de la mise en scène au Festival de Venise, pourtant « embourbé » dans la dictature mussolinienne…

Hiver 54 – l’Abbe pierre

Abbe pierreAvec la crise et ses nouveaux pauvres, la fin des années 80 a vu le grand retour de l’abbé Pierre, pour une nouvelle croisade. Du coup, après» Les chiffonniers d’Emmaüs », tourné à chaud en 1954, le cinéma se penche à nouveau sur ce curé pas comme les autres. Après André Reybaz, c’est Lambert Wilson qui arbore la barbe, le béret et le blouson de l’infatigable défenseur des sans-logis, comme on disait alors. Le film de Denis Amar retrace la généreuse épopée de cet hiver terrible, où des familles entières étaient expulsées par — 15°, et comment cet ancien résistant, ex-député en soutane, s’y est pris pour mobiliser la France entière — en utilisant (déjà !) la puissance des médias. Une des scènes les plus réussies, en ce sens, est celle où l’abbé prend d’assaut le plateau de Radio-Luxembourg sous les yeux ébahis du personnel de la station. Pour le reste, la reconstitution est honnête et les rôles judicieusement répartis : Claudia Cardinale fait son comeback en généreuse bienfaitrice et, surtout, Robert Hirsch est époustouflant en chiffonnier et bras droit de l’abbé Pierre.

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