A voix haute

Ce que je pense et à voix haute !

rainbow

Rebecca et La Veuve Couderc

Rebecca Une jeune demoiselle de compagnie fait la connaissance, à Monte-Carlo, du richissime Maxime de Winter qui la demande en mariage. Naïve et issue d’un milieu modeste, la nouvelle Madame de Winter emménage dans la demeure de Manderley gouvernée par la tyrannique Madame Danvers. Elle comprend vite que chaque pièce, chaque habitant, est hanté par le souvenir de Rebecca, première épouse de Maxime mystérieusement noyée. Un soir, le corps de la défunte est retrouvé dans la mer… Premier film américain du grand Hitch, « Rebecca » conserve toutefois un esprit typiquement british la caricature savoureuse de la gouvernante Danvers, horrible harpie qui entretient une véritable fascination pour la morte, l’ambiance brumeuse des manoirs anglais (on en frissonne d’avance) et l’hypocrisie courtoise de la haute société. Une bonne dose de suspense sur le thème éternel du vrai-faux coupable, campé par un Laurence Olivier inquiétant à souhait. Et puis, quel dénouement !

La Veuve Couderc

La Veuve CoudercPierre Granier-Deferre a fait de Simone Signoret une héroïne type de Georges Simenon « Le chat » avec Gabin ou « L’étoile du Nord » avec Noiret. En lui confiant le personnage de « La veuve Couderc », il a permis la rencontre d’une grande comédienne et d’un personnage. Signoret, vieillie mais exhalant toujours la même puissante personnalité, impose cette femme depuis les premiers plans où, dans le car qui longe le canal, elle rencontre Alain Delon. Dans ce personnage de femme seule et revêche qui se bat pour conserver sa ferme, Simone Signoret est impressionnante et émouvante. Mais elle donne au personnage une formidable dimension humaine et une grande jeunesse, lorsque celle-ci recueille ce jeune homme traqué par la police, avec qui elle va connaître une ultime histoire d’amour. Le face à face Delon-Signoret est étonnant. Alain Delon a l’air impressionné, à l’écoute. Simone Signoret mène le jeu. Et Pierre Granier-Deferre filme ce tranquille coin de campagne, où le drame couve, avec un classicisme très séduisant. « La veuve Couderc » est plus qu’une réussite du cinéma français, c’est un classique !

Leave a Reply