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Noces Barbares

Noces BarbaresLes ingrédients de l’intrigue la plus noire sont réunis dans le roman de Yann Queffélec, dont s’inspire ici Marion Hansel, qui avait auparavant réalisé» Dust » avec Jane Birkin victime d’un viol crapuleux, une jeune fille refuse d’en accepter le fruit, cet enfant qui lui rappellera toujours sa mésaventure et qu’elle traite comme un animal domestique. Dans le livre, c’est surtout la famille qui impose et organise l’exclusion du bâtard, symbole de déshonneur. Marion Nansei a dû élaguer dans ce background « social » pour mieux cadrer son film sur la relation de la mère indigne, prématurément aigrie par le malheur qui a gâché sa vie, et l’enfant innocent qui quête désespérément l’amour qu’elle lui refuse. Les scènes poignantes, parfois atroces, ne manquent pas. Heureusement, Marion Hansel les traite avec une sobriété qui n’est pas de la sécheresse, mais qui contient l’émotion. D’autres auraient surenchéri sur les crises et les cris. Ici, tout est feutré, comme pour souligner l’inconscience de la cruauté même. L’interprétation évite la théâtralité qui guettait ce sujet périlleux. Une mention particulière à Marianne Basler : elle parvient à préserver toute la complexité et l’ambiguïté de ce personnage de victime qui se fait bourreau pour mieux exorciser la mémoire.

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