A voix haute

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Killing cars (Les voitures qui ont mangé Paris)

Killing carsPeter Weir, jeune cinéaste australien, est maintenant mondialement connu grâce au succès de «L’année de tous les dangers», et à la récente présentation au Festival de Cannes 1985 de «Witness», avec Harrison Ford. Ceci ne doit pas nous faire oublier qu’il a débuté en signant de jolis films fantastiques comme «Picnic at Hanging rock», «The last wave», et ces «Voitures qui ont mangé Paris», aujourd’hui rebaptisé «Killing cars». Le Paris en question n’est pas le nôtre, il ne se trouve pas non plus au Texas, mais au fin fond du désert australien. C’est un village qui vit complètement à l’écart du progrès et de la civilisation. La circulation automobile n’y est pas intensive, cependant il y a de fréquents accidents à la périphérie de la localité. C’est ainsi qu’Arthur, un voyageur sorti sain et sauf d’une collision, échoue à Paris où on lui offre un poste d’infirmier à l’hôpital. En fait, il est prisonnier du village. Et il se rend compte de l’étrange comportement de ses habitants, qui provoquent ces accidents comme les naufrageurs d’un autre siècle, pillant les épaves et s’emparant même du corps des victimes pour servir à de curieuses expériences de réanimation… Tout cela finira comme on pouvait s’y attendre : mal, très mal. Une explosion de folie et de violence qui annonçait, déjà, «Mad Max». Un conseil : accro-chez-vous à vos fauteuils.

Viva la vie

Viva la vieLelouch truque… Mais c’est, par moment, un truqueur de génie ! Côté technique, il n’y a rien à dire. Il y a du lyrisme dans l’image, de la voltige dans le mouvement de caméra, de la fête dans sa direction d’acteurs. Mais, côté scénario, on peut se montrer plus sceptique. Avec «Viva la vie», son vingt-sixième film, Claude Lelouch s’est offert le luxe (et ça a superbement marché) de faire entrer les gens dans les salles sans leur donner la moindre information sur ce qu’ils allaient voir. Seulement un titre énigmatique : «Viva la vie» sans point d’exclamation. Seulement une distribution solide (avec, pour certains, le côté pensionnaire permanent des Films 13) Rampling, Piccoli, Trintignant… et Evelyne Bouix, Charles Aznavour, Laurent Malet, Tanya Lopert, Raymond Pellegrin, Charles Gérard, sans oublier la participation d’Anouk Aimée. Seulement, pour affiche, une photo d’un groupe de gens, dans la nuit bleutée, le regard fixé vers le ciel, attendant quelque chose (peut-être une «Rencontre du troisième type» !). Alors ? Après un an d’exploitation du film en salles, après les articles rendant compte du film, après le bouche à oreille… faut-il encore garder la même stratégie que Lelouch et ne pas dévoiler le contenu du film à ceux qui vont le découvrir pour la première fois en cassette ? Disons tout de même qu’il s’agit de terriens et d’extra-terrestres… De terriens qui disparaissent et reviennent en disant avoir été enlevés par des extra-terrestres… qui voulaient faire d’eux les messagers d’une mise en garde pacifiste. L’originalité du film de Lelouch est dans son talent de conteur, son art de créer une atmosphère (avec la nuit, une route déserte et une voiture abandonnée par exemple) et sa façon de ne pas reculer devant les morceaux de bravoure les plus racoleurs (la leçon de prononciation/chant, par exemple). Lelouch c’est l’auberge espagnol… avant que le film ne commence, on sait déjà si on aime ou pas !

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