A voix haute

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Cal

Dès qu’on évoque, au cinéma, le problème irlandais… c’est le tir groupé. Un peu comme pour le drame algérien, en France. CalPourtant un Irlandais est parvenu, dans le cadre du cinéma anglais (et grâce au producteur number one qui est en train de réveiller la production britannique : David Puttman !), à faire l’unanimité. Pat O’Connorlé dit lui-même «Mon film n’est pas fait pour flatter une quelconque tendance. Le sujet, c’est l’agonie de l’individualité dans un climat de passions». «Cal» n’est pas un film politique, c’est une double histoire d’amour. Et les seules affirmations que se permet le film ne sont pas politiques, mais traitent de l’amour. De la relation entre un père et un fils, autant que de celle entre une femme et un jeune garçon de 19 ans. Mais Pat O’Connor ne cache pas que la cohabitation entre loyalistes protestants et catholiques est difficile, surtout dans les classes ouvrières où les haines se doublent d’un crucial problème de chômage. Pat O’Connor montre que rien n’est simple pour l’individu. Chaque clan oblige à prendre parti, vous viole votre libre arbitre. On est, quelque part, victime de sa naissance. Lorsque Cal et son père, catholiques et tolérants qui vivent dans un environnement protestant, voient leur maison incendiée… une femme protestante vient leur dire combien elle a honte pour ses coreligionnaires… Pat O’Connor évite les stéréotypes trop souvent trimballés par la presse pour impliquer émotionnellement son spectateur. Et c’est là la vraie force de son film. Cal et son père ont du mal à se comprendre… Pourquoi Cal préfère-t-il être chômeur que de travailler jusqu’à la nausée dans les abattoirs locaux ? Cal est amoureux d’une veuve catholique italienne qui a épousé un protestant… Pourquoi Cal et Marcelle ne peuvent-il pas tenir leur amour loin de la cruelle réalité politique ? Cette belle histoire d’amour sur une toile de fond d’angoisse et de violence nous concerne tous !

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