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La tête dans le sac

La tête dans le sacLauzier adapte une de ses bandes dessinées. Il l’avait déjà fait avec «P’tit con». Et, comme le plus souvent dans l’œuvre de Gérard Lauzier, quelqu’un en prend plein son matricule… La publicité du film, à sa sortie en salles, disait : «Paris c’est la jungle !». La cible sera donc le petit milieu, friqué et nocturne, parisien. Très fidèle à sa BD, Lauzier raconte les mésaventures professionnelles et amoureuses de Romain, le patron d’une grande agence de pub qui a tout pour être heureux : Jaguar, valet stylé, bel appartement et maîtresse de charme habillée par Chanel… Mais il a aussi quelques années de plus que ce jeune mec fougueux et sans complexe, qui débarque un jour dans ses pattes et va petit à petit le pousser vers la sortie. Romain, avec ses (disons) cinquante berges, devait ressembler trait pour trait à ce jeune crocodile quand il avait vingt ans. Parallèlement, Romain va aussi s’apercevoir que, côté cœur – comme côté portefeuille, il a aussi quelques années de trop. Devant Eva, fragile jeunesse rencontrée dans une soirée mondaine, il va craquer comme un fou. Lui qui a toujours défendu son territoire à coups de dents et de griffes, il va se laisser envahir et parasiter à mort ! En fait, une nouvelle fois, sous couvert de comédie de mœurs, Lauzier nous raconte une horrible tragédie. Mais, comme ses héros n’ont vraiment rien pour attirer la sympathie, on s’en fout et on rit de bon cœur.

L'homme à femmesL’homme à femmes

Avec «L’homme qui aimait les femmes», François Truffaut avait tourné un de ses films les plus personnels, mettant beaucoup de lui-même dans le personnage de Charles Denner, grand amoureux des femmes et de l’écriture, et aussi fétichiste des jambes… Le remake tourné par Blake Edwards sous le titre «The man who loved women» est à l’image de son titre français «L’homme à femmes» : réducteur et tirant sur la vulgarité… Il y a entre les deux films toute la distance qui sépare la finesse et la sensibilité écorchée de Charles Denner à cette espèce de fatuité qui fait partie de l’image de marque de Burt Reynolds… Blake Edwards a, par ailleurs, réussi à introduire son épouse Julie Andrews en lui inventant un personnage de psychothérapeute-confidente de ce héros-don-Juan auprès de qui les belles se succèdent, prétexte à un agréable défilé d’actrices décoratives. L’esprit boulevardier règne chez Blake Edwards, on est loin de Truffaut. Pourtant, si on n’a jamais vu le véritable «Homme qui aimait les femmes», on peut prendre un certain plaisir à cet hommage maladroit transformé en divertissement hollywoodien…

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