A voix haute

Ce que je pense et à voix haute !

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Frankenstein JR

Il n’y a pas genre plus casse-gueule que la parodie, surtout la parodie de film fantastique. Il n’y a, dans un véritable raz-de-marée de films de ce style, que trois vraies réussites : «Dr Jerry et Mr Love» de Jerry Lewis, «Le bal des vampires» de Roman Polanski et… «Frankenstein Jr».Frankenstein JR Si on connaît les classiques de l’âge d’or Universal («Frankenstein» de James Whale. «La fiancée de Frankenstein», «Le fils de Frankenstein», «Le fantôme de Frankenstein», «La maison de Frankenstein», «Frankenstein contre le loup garou», etc.), on se sent génialement cinéphile ! On repère les références-hommages et on admire la précision de la reconstitution. Mais, si on ne connaît ces régals de cinémathèques que par ouï-dire, le plaisir est toujours aussi grand. Car la force de Mel Brooks est que son comique se suffit à lui-même. Il aime gambader dans les plates-bandes des autres. Il aime piétiner et bousculer… mais avec tendresse. Il s’est offert le cinéma muet et le western, Hitchcock et «Les dix commandements», Esther Williams et «To be or not to be». Mais «Frankenstein Jr» restera son plus superbe jeu de références (la scène de l’aveugle)… et de retrouvailles originales (les chevaux qui hennissent quand on prononce le nom de Frau Bluscher !). Il faut dire que Brooks est servi par une poignée d’acteurs étonnants et même inhabituels. Bien sûr, Marty Feldman et son incroyable regard ou Gene Wilder qui compose ici un docteur Frankenstein tout en subtilité (à l’opposé de ses hystéries des «Producteurs»)… mais aussi des comédiens qu’on croyait sérieux (ou incolores) comme Peter Boyle qui campe un incroyable monstre ou Terry Garr qui assume avec une réjouissante santé son rôle d’assistante du docteur Frankenstein. Un petit chef-d’œuvre !

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